17 août 2008
La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
Millénium 2
Stieg Larsson
Actes sud / Actes noirs, 2006
Pêle-mêle, quelques impressions d’une lecture qui date d’environ 2 mois et qui m’a laissée perplexe.
Est-ce cet engouement pour cette trilogie (ou ce que cette histoire est finalement devenue) ? Est-ce mon emballement suite à la lecture du tome 1 ?
C’est pourtant avec un enthousiasme démesuré que je me suis lancée dans la lecture de ce tome 2. Il s’est malheureusement dégonflé au fil de la lecture. Que de longueurs, de détails et de répétitions inutiles ! A tel point que le roman aurait pu être réduit d’un bon tiers à mon sens !
Un séjour aux Caraïbes qui n’en finit plus, un aménagement dans un somptueux appart’ dont rien n’est épargné si ce ne sont les références des meubles Ikéa et leurs prix ! Une enquête blindée qui vire à la mascarade le tout s’enchaînant de façon tellement téléphonée que j’en pestais.
On retrouve heureusement avec plaisir le duo de choc du tome 1 (Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist), le gentil tuteur de Lisbeth mais aussi le méchant (hou l’affreux !). Mais surtout, on en apprend beaucoup sur Lisbeth, sa jeunesse, son père et c’est là que se situe le côté positif du roman. Et puis… elle est égale à elle-même !... Ouf, autre côté positif.
"Il se résigna. Elle tramait quelque chose de louche qu’elle ne voulait pas lui raconter. Il était persuadé qu’il formulerait des réticences mais il avait aussi suffisamment confiance en elle pour savoir que quoi qu’elle fasse, c’était peut-être Juridiquement douteux mais pas un crime contre les Lois de Dieu. Car contrairement à la plupart des gens, Holger Palmgren était certain que Lisbeth Salander était quelqu’un d’authentiquement moral. Son problème était que sa morale ne correspondait pas toujours avec ce que préconisait la loi".
Sur fond de trafic de femmes, Lisbeth va se trouver embarquée dans une course poursuite sillonnée de cadavres, d’intimidation, de corps à corps musclés avec des armoires à glace insensibles à la douleur ( !). Bref, ça déménage ! Trop et le récit en perd toute crédibilité. Dommage.
Vous êtes nombreux(ses) à avoir lu Millénium et je tire ma flemme (pas bien ça !) pour mettre les liens de toutes vos critiques très positives ! ;)
12 août 2008
L'outremangeur
Tonino Benacquista / Jacques Ferrandez
Casterman
Richard Selena est flic. Il est très tourmenté et traîne ses 160 kilos qu’il entretient à coup de choucroute XXL. Sa thérapie de groupe ne semble pas vraiment porter ses fruits et son cardiologue ne lui donne pas plus de 2 ans à vivre s’il continue sur cette voie. Pas folichon tout ça.
Ses tourments, c’est dans son passé professionnel qu’ils prennent leur source (une histoire qui n’a pas tourné comme elle devait). Pas facile de s’en dépêtrer et c’est en enquêtant sur un meurtre qu’une idée hallucinante va jaillir, au risque de se faire complètement griller professionnellement. Mais il tente le tout pour le tout. La seconde chance existe-t-elle ?...
Le duo Tonino Benacquista/ Jacques Ferrandez fonctionne bien et les dessins sont vraiment très réalistes. L’histoire en elle-même, si l’idée est bonne, m’a parue traitée un peu légèrement et la fin n’est pas des plus réalistes. Mais bon… l’ensemble vaut que l’on s’y arrête car au final, même si ce n’est pas un oui franc et massif, la lecture de cette BD demeure un bon moment.
10 août 2008
la route sanglante du jardinier Blott
Tom Sharpe
Folio, 2004
Direction le worforshire sud (ne cherchez pas, c’est un endroit fictif) où Sir Giles et Lady Maud pourraient couler des jours heureux et tranquilles dans leur château…
si Sir Giles avait honoré Maud depuis 6 ans que dure leur mariage,
si Lady Maud n’en gardait pas une rancœur grandissante car du coup, la descendance est loin d’être garantie (elle a entamé et largement dépassé la quarantaine),
si Sir Giles n’avait pas quelques tendances sado maso,
si Lady Maud consentait à les satisfaire,
si tout bêtement Sir Giles ne voulait pas mettre un terme à cette parodie de mariage (mais il perdrait le domaine et ça c’est inconcevable),
s’il n’y avait pas cette idée farfelue de construire une autoroute qui entraînerait la démolition du château,
si, si, si…
Ça commence gentiment…
« Sir Giles Lynchwood, Député du Worfordshire Sud, était dans son bureau et s’allumait un cigare. Par la fenêtre, il pouvait voir les tulipes et les primevères, une grive picorer le gazon et le soleil briller dans un ciel sans nuages ; au loin, les escarpements de la gorge Cleene se dressaient au-dessus de la rivière. »
Mais cette douce quiétude ne va pas durer longtemps…
Sharpe a le don d’engager ses personnages dans des voies pleines de méandres et de turpitudes, semées de personnages complètement déjantés ou qui le deviennent rapidement à coup de chantage, d’empoisonnement et autres réjouissances. On avance à coup de bulldozers et de dynamite, de coups bas, de coups de sang, de coups montés. Beaucoup manquent leur coup dans cette bataille rurale, d’autres ont des coups dans le nez carabinés et l’on a même droit à un joli coup de foudre.
Et quels personnages ! Outre Sir Giles et Lady Maud empêtrés dans leur tiraillement et leurs désillusions qui tournent au vinaigre, Sharpe nous offre des seconds rôles éblouissants tel ce jeune blanc-bec du ministère dont personne ne veut plus en haut lieu et qui va débouler dans cette campagne qu’il va très vite maudire ; une maîtresse écervelée qui oublie son amant ficelé au lit et un jardinier , le fameux Blott, dont le passé est des plus troubles, amoureux de ses fleurs et de sa belle Lady Maud qu’il va épauler vaille que vaille. Du vitriol pur que cette peinture politico-sentimentale rurale. On est hors temps, coincé dans le domaine Handyman . Il y aura bien une issue mais à quel prix !
En tout cas, Sharpe m’emballe toujours autant et c’est pliée en deux que j’ai savouré cet opus ! De quoi oublier l’écran blanc et remettre la main à la souris !
Pour le bibliomane, c’est un remède radical contre la mélancolie et il a complètement raison !
16 juillet 2008
Swap
"C’est pas mon truc, voila tout. Superman, il est pas si génial que ça".
20 ans après cette sentence, il s’en mord les doigts Harvey. Quel plouc ! Avoir échangé un "Superman numéro un" contre un bout de plastique, faut le faire ! Et ça, il se le repasse en boucle saoulant au passage les bonnes âmes qui traînent, à commencer par Josh, son "aide" dans sa boutique de BD "inaction comix" laquelle survit dans la crasse, la poussière et le désordre.
Une boutique un peu à l’image d’Harvey qui se la coule douce en bon ado attardé. Depuis qu’il a quitté les Cornouailles, il s’englue dans cette boutique en ressassant le passé. "Tout ce que j’aurais pu faire !"
Et il est bien placé pour savoir que son "Superman numéro un" vaut une petite fortune aujourd’hui….
Pas étonnant que le soupir soit devenu son "trait distinctif". Si l’on ajoute au tableau une bonne dose de paresse, une grosse rasade de lâcheté (quelques scènes mémorables !), des T-shirts à l’effigie de super héros et beaucoup de bière, vous voilà avec l’essentiel d’un Harvey, véritable anti héros dont l’existence va basculer le temps d’un week-end.
Il y aura d’abord l’escale chez ses parents, cauchemardesque au plus haut point. On le suit à la réunion des anciens de son école dont le fameux Charles surnommé "Bleeder", possesseur du collector et auteur de tous ses maux.
Enfin, on assiste, médusé à la mise en application d’une idée complètement saugrenue qui va le faire déraper et vivre les pires instants de sa vie : Quand on n’a pas la trempe d’un super héros et que l’on tombe nez à nez avec un macchabée, la tâche est réellement compliquée !
C’est surtout dans les méandres tortueux de l’esprit d’Harvey qu’Antony Moore, en bon psy, nous fait voyager et c’est complètement jubilatoire ! Pour notre plus grand plaisir, Harvey n’est pas le seul élément digne d’une étude approfondie car ses parents valent leur pesant de cacahuètes tout comme son acolyte Josh, ses copains (essentiellement de beuverie), Charles évidemment qui traîne un lourd passé jusqu’à la paire de flics qui enquête. Bref, on ne s’ennuie pas un seul instant et c’est vivifiant comme les embruns sur les côtes de Cornouailles !
Une belle découverte que ce premier roman et ce n’est pas Bellesahi qui me contredira. Par contre, pour Cathulu, c’est la grosse "deswaption" ! Alors, le mieux, c’est d’ouvrir le livre pour vous faire une idée !
11 juillet 2008
Ces petites choses
Deborah Moggach
Le livre de poche, 2008
Pas facile d’être une personne âgée et seule dans la "jungle" londonienne. Encore moins drôle d’être oubliée 2 jours durant sur un brancard dans un couloir d’hôpital. C’est ce que va vivre Muriel Donnely, qui va crier au scandale, en omettant quelques détails au passage. Ravi Kapoor, médecin dans le service où est passée Muriel n’en dira rien publiquement mais… "En fait, dit-il, je n’ai pas mentionné la véritable raison pour laquelle la vieille taupe n’a pas été soignée".
Et il s’y connaît Ravi en matière de vielle taupe. Il est contraint d’héberger Norman, son beau père "renvoyé" de toutes les maisons de retraite des alentours pour indiscipline et "comportement sexuel inapproprié" , lequel squatte allègrement et sans vergogne la maison de sa fille Pauline. Ravi est las. Marre de cette puanteur qui a envahi la maison. Marre des ongles coupés dans le salon. Marre des allusions salaces du vieux. Marre des pics racistes. "Je ne pourrais plus supporter cela très longtemps : il va falloir trouver coûte que coûte la solution pour le caser ailleurs."
Son salut se profilera en la personne de Sonny, cousin de Ravi. En homme d’affaires bien combinard, il entrevoit bien vite le filon qui pourra satisfaire tout le monde, lui le premier. La tendance étant à la délocalisation, pourquoi ne pas expédier les petits vieux british au soleil ? Plus précisément en Inde.
Avec une conjoncture économique plutôt maussade, un environnement de moins en moins sécurisant, des caisses de retraite appauvries, les clients vont vite se manifester et se retrouver à l’Hôtel privé Dunroamin à Bangalore.
On y retrouve Norman évidemment, la docile Evelyn Greenslade, Dorothy Miller, ancienne journaliste à la BBC , Douglas et Jean , le seul couple du groupe, la dynamique et un brin dominatrice Madge et la célèbre Muriel Donnely qui a subitement oublié ses réticences raciales. Tout ce petit monde va donc cohabiter pour notre plus grand plaisir. Ils sont British, ils ont de belles manières, se donnent du "mon chou" et du "ma chérie" mais les cancans vont aussi bon train. On découvre en douceur, au fur et à mesure que les masques tombent, les réelles motivations de chacun de ce choix de retraite dorée.
Deborah Moggach campe tranquillement le décor et dévoile petit à petit ses personnages avec précision et tendresse. C’est bourré de bons mots, on passe de la tendre évocation à la réplique vacharde même si l’on est loin d’un humour décapant. Peu importe, le vernis craque malgré tout pour dévoiler les mystères, les désirs ou désespoirs de cette petite bande. Les bas de ces dames tombent pour retrouver la légèreté d’antan, dans une Inde dont Deborah Moggach dresse un tableau réaliste.
Je me suis coulée et bien installée dans le rythme de cette maison de retraite aux airs de colonie de vacances. Sans être le roman de l’année, j’ai trouvé le récit extrêmement agréable et délicieusement piquant.
Retrouvez les avis de Tamara, Anne, Praline, Yueyin, Joelle et bien d’autres…
Ce livre bien sympa m’a été envoyé par le livre de poche, grâce à Michel qui est mon parrain pour l’occasion. Il ne rejoint malheureusement pas mon enthousiasme puisqu’il a déclaré forfait à la page 70 ! Bon, nous faisons à nous deux une bonne moyenne tout de même !
08 juillet 2008
Une surprise de...
Ma dame de coeur !

(désolée pour la présentation. Après une attaque de virus, un ordi "out" plusieurs jours, tout n'est pas réinstallé sur la maquina !)
Une jolie carte que j'aurais aimé me caler sous la dent et deux superbes coeurs (un peu indisciplinés lors de la photo), de quoi me ravir et remonter le moral stagnant au niveau des tongs !
Merci Dame Cathulu pour ce non-anniversaire ! :)
J'adore ! Les deux coeurs ont déjà subi une transformation en mobile accroché à ma porte de chambre : c'est tout zoli et sert de clochette (hey, hey...) !
A bientôt pour la suite des critiques qui s'accumulent toujours ...
01 juillet 2008
Le magasin des suicides
Le magasin des suicides, voilà un petit livre qu’il me tardait d’ouvrir vu les nombreuses critiques chaleureuses ici et là. Maijo s’est empressée de me l’expédier. Je me suis tout autant précipitée de le lire. J’ai, par contre, traîné pour en parler (comme pour le reste de mes critiques d’ailleurs). Panne, grosse fatigue, la tête ailleurs, les pieds aussi…. Bref, me revoilà.
Chez les Tuvache, ça ne rigole pas. Ce n’est pas le genre de la maison qui propose à tout va le moyen de mettre un terme à son existence. Le magasin des Tuvache est connu et reconnu et affiche fièrement "vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !"
Et même si la clientèle n’est pas fidèle (hey, hey !...évidemment…), le commerce est florissant. Les clients affluent, il y a de tout et pour tout le monde. Vous ne trouvez pas corde à votre cou ? Mishima, le père et patron de la boutique opère dans son arrière boutique pour mettre au point de nouvelles méthodes. Autour de lui s’affaire Lucrèce sa femme qui a fort à faire avec sa caisse et sa marmaille : Vincent, le fils aîné, maigre comme un clou avec des tendances suicidaires… "Le suicide, il a ça dans le sang, un vrai Tuvache ». Marylin, douze ans et un peu grasse cultive son désespoir. Ces deux là font le bonheur de leurs parents, ce qui n’est pas le cas d’Alan, le petit dernier qui affiche un optimisme désolant ! "Et puis cesse de chantonner (elle l’imite) : "Bon-zou-our !... quand les gens arrivent. Il faut dire d’un air lugubre : Mauvais jour, madame…" ou : "Je vous souhaite le grand soir, monsieur." Et surtout, ne souris plus ! Tu veux faire fuir la clientèle ?... "
On se retrouve dans ce petit livre dans une ambiance de fin du monde, dans une ville où ne survit que ce quartier au "visage humain" ( ?), cerné de tours gigantesques, froides et noires, à l’origine de toutes ces tentatives de suicides. Les corps tombent des tours, comme la pluie sur les toits : rien de plus normal… L’ambiance est à la morosité et le magasin des suicides ne désemplit pas. On assiste à une grande ingéniosité de cette entreprise familiale toujours prête à satisfaire le client. C’est aigre-doux, ça grince un peu mais l’ensemble reste somme toute gentillet. Une petite fable sur le thème du bonheur personnifié par le petit dernier qui veut coûte que coûte changer le cours des choses. Bon, un petit livre sympathique et court. Je crois qu’il n’aurait pas supporté un traitement plus long. Reste la fin qui m’a laissée interrogative. Je ne comprends pas pourquoi un tel traitement qui ne colle pas forcément avec le personnage d’Alan, à moins d'avoir loupé un truc ?
Oui, c’est inventif. Oui, il y a du charme dans cette fable mais je sors de cette lecture moyennement emballée.
Merci pour le prêt Maijo !
14 juin 2008
Le bal des vipères
Horacio Castellanos Moya
Les Allusifs, 2007
"J’ai commencé à rédiger Le Bal des vipères avec l’idée d’écrire une nouvelle."
Pour la petite histoire, Horacio Castellanos Moya , après un rêve étrange, aurait écrit presque d’un jet cette étrange histoire susurrée par une voix venue d’ailleurs. Drôle d’expérience qui a fait naître un roman complètement hallucinant et halluciné qui met en scène un chômeur, un vagabond, une Chevrolet jaune et 4 vipères.
Tout commence par l’irruption d’une vieille Chevrolet jaune dans le quartier tranquille où vit Eduardo Sosa. D’emblée, les commentaires vont bon train, à commencer par la Nina Beatriz, l’épicière qui se trouve aux premières loges. D’où sort ce tacot ? Mais surtout qui est et que fait l’énigmatique loqueteux qui en sort le matin pour y revenir à la nuit tombante ? Eduardo Sosa, diplômé es-sociologie, chômeur "sans réelles possibilités de trouver un travail correct par ces temps nouveaux" se trouve être "le voisin idéal pour épier cet individu". Il fera plus que l’épier car le comportement de Don Jacinto, en plus de l’occuper, l’intrigue. Pourquoi a-t-il échoué ici ? Où part-il et pour quoi faire ? Que rapporte-t-il dans son sac de toile bourré à craquer mais surtout que cache-t-il dans son tas de ferraille dans lequel il entre rapidement et dont il cache les ouvertures avec des bouts de carton ?
Comment et pourquoi Eduardo va se retrouver à bord de la Chevrolet, je ne veux pas en dévoiler trop mais à partir de ce moment, on part dans une virée surréaliste et sanglante à travers les rues de la capitale (en Amérique Latine). Eduardo n’est pas seul car Loli, Beti, Valentina et Carmela , 4 superbes vipères, vont l’accompagner dans cette balade macabre où elles vont semer terreur et chaos. La ville tremble, la ville crame alors que le quintet poursuit son vagabondage.
"Beti était la vipère potelée aux yeux bridés ; Loli allait être une vipère fine aux mouvements timides, presque délicats ; Valentina, avec sa peau chatoyante, exhalait la sensualité ; et Carmela, en sa menuité, avait quelque chose de mystérieux."
Entre fable fantastique et polar "psychédélico-ophidien" (cf. une scène dans laquelle les vipères sont survoltées après une bonne prise de cocaïne), Horacio Castellanos Moya dresse à travers son texte, un portrait de la société en pleine confusion (entre un gouvernement dépassé, une police ripoux et la violence urbaine en pleine croissance…). Oui, il y a bien tout cela dans ce récit hallucinant. C’est complètement farfelu mais on s’y accroche au volant de la Chevrolet ! Si vous souhaitez sortir des sentiers battus, plongez dans cette balade ahurissante qui vaut vraiment le détour ! La petite voix qui a guidé l’auteur est aussi une petite coquine car il nous offre en prime une scène érotique (oui, vous avez bien lu) d’une réelle sensualité ! (si, si !).
10 juin 2008
Rendez-vous page 123...
Quand je vois le mot TAG dans un post, je me dis, ça y est, c'est pour moi.
Et bien voilà, c'est chose faite. 
Sarah ne m'a pas oubliée ! Bon, c'est super fastoche et rapide alors je me lance :
Il s'agit de saisir le livre le plus proche, de l'ouvrir à la page 123, de trouver la 5ème phrase et de recopier les 4 phrases suivantes... Puis de tagguer 5 personnes.
Le livre le plus proche est celui que je viens de terminer et qui attend patiemment sa critique. Un petit livre complètement délirant et étonnant d'Horacio Castellanos Moya, "le bal des vipères".
"Parlez pas, me demandez rien, m'interrompez pas, si vous le faites je raccroche immédiatement. Je vous dirai ce que je dois vous dire, rien de plus. Tout ce qu'on a écrit et dit sur moi n'arrive pas à saisir l'essence, la vérité profonde de ce qui est en train de se passer...
Le type fait une pause, aspire. Il est en train de fumer pense Rita."
Je vous laisse avec cet extrait dans lequel le héros, en pleine cavale, contacte la presse locale. Pour savoir le pourquoi du comment, un peu de patience !
Un indice ? Il s'agit d'une balade ophidienne, plutôt sanglante... miam !
Qui se lance à l'assaut de la page 123 ? Cathulu ? Belle ? Delphine ? Finette ? Yueyin ?
09 juin 2008
La fabrication d'un mensonge
Audrey Diwan
j’ai lu "nouvelle génération", 2007
A 25 ans et sur injonction familiale, Raphaëlle va devoir travailler pendant l’été. Au détour d’une rue elle tombe sur le sésame : elle sera vendeuse chez "mariage 2000" car le magasin recherche du personnel et c’est urgent. Elle va donc vendre des robes de mariées en apprenant sur le tas. De toute façon, ça ou vendre des pizzas… ses compétences sont archi limitées, sa vie se résumant à ses études universitaires qui défilent et n’en finissent pas. "Philosophie, ethnologie, histoire de l’art, je collectionnais les spécialisations qui ne menaient pas à la vie active et avais décidé de m’accorder une dernière tentative, en théologie cette fois, priant pour me trouver une vocation".
Difficile donc pour Raphaëlle d’arrêter un choix pour enfin entrer dans une vie plus responsable. Elle navigue entre son studio quelques étages au dessus de chez papa/maman et une bonne copine avec qui elle discute au téléphone 2 fois par semaine et qui est tout étonnée quand Raphaëlle lui propose de la rencontrer. "Elle a eu l’air un peu surprise, inquiète, quand je lui ai proposé qu’on se retrouve dans un bar du quartier pour discuter. Mais elle a accepté, à condition qu’on ne s’éternise pas, elle devait se rendre tôt à la bibliothèque le lendemain matin."…
Pas de quoi s’affoler avec tout ça…
Alors, quand elle rencontre Lola, vendeuse chez "mariage 2000", c’est un peu comme une révélation, entre admiration et quasi vénération. Elle va finir par orienter sa vie autour de cette "furie", une vraie "fabrique à mensonges" sur hauts talons, aussi peu scrupuleuse qu’un arracheur de dents.
Raphaëlle et Lola, 2 plaques tectoniques qui vont entrer en contact et donner ce petit (et premier) roman très dynamique, actuel, drôle et émouvant. La rencontre de deux personnalités aux antipodes, cela fonctionne tant que l’émerveillement dure. Raphaëlle en fera évidemment les frais tôt ou tard !...
Contrairement à ce que pourrait évoquer la couverture, le mariage n’est pas au cœur même du roman. Le magasin, toile de fond du roman, donne l’occasion ici de l’égratigner à grand coup de bulldozer, c’est dire ! "Je les trouvais marrants ces gens qui se ruaient tous ensemble vers une volonté d’éternité. Ils se tenaient par la main, deux par deux, bien en rangs, dociles, marchant d’un pas faussement serein vers une promesse intenable. Il fallait que l’homme soit bien pervers pour s’être inventé une punition pareille, pour s’être créé des schémas qui lui convenaient si mal… le mariage, c’était une toute petite cage, dans laquelle les gens manquaient vite d’air."
Raphaëlle, véritable "Tanguette", s’est égratignée en sortant de sa cage. Prévisible quand les oisillons ont du mal à prendre leur envol.
Un grand merci à Cathulu pour le prêt !

